La Saint-Valentin chez les fourmis

Aujourd’hui c’est la Saint-Valentin chez les fourmis !

Journée remplie d’amour, d’attentions envers son/sa bien aimé/e et remplie de tendresse. C’était l’occasion pour nous d’évoquer la Saint-Valentin !

Bon d’accord les fourmis ne fêtent bien évidemment pas la Saint-Valentin, mais comme tout être vivant (ou presque) la sexualité fait partie des moyens de reproduction de ces espèces.

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Dîner aux chandelles et bouquet de roses ?

Chez nous humains, la Saint-Valentin se déroule souvent autour d’un bon dîner en amoureux avant de continuer plus tard sous la couette.

La Saint-Valentin chez les fourmis est bien différente. Dans une colonie de fourmis, tous les individus n’ont pas le « droit » à la reproduction. En effet, chez les individus femelles, seule la reine peut se reproduire et donc avoir des partenaires sexuels. Les ouvrières sont stériles et ne se reproduisent donc pas.

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©Fourmidables

Pour les mâles, ils n’ont guère le choix, ils doivent se reproduire pour assurer leur descendance. Car, il faut le dire, les mâles fourmis ne servent qu’à la reproduction. Durant leur courte vie ils ne jouent aucun rôle social au sein de la colonie.

Ainsi, ils ne participent pas à la défense de la colonie, ils ne s’occupent pas des jeunes et ils vont être littéralement nourris jusqu’à la nuit de noce. En effet, ils sont incapables de se nourrir et profitent des soins que leur donnent leurs sœurs pour manger.

Les mâles sont produits de manière saisonnière, au même moment que les reines, peu avant l’essaimage des colonies. Cette période correspond au moment où les jeunes reines, quittent la fourmilière pour en fonder une autre.

Chez la majorité des espèces de fourmis, au moins un des deux sexes est ailé et vole à la rencontre de l’autre. Les ébats amoureux ne durent généralement pas très longtemps car le risque de se faire manger par un oiseau est assez élevé !

Une fois l’accouplement réalisé, les mâles meurent 24 heures après et les femelles fécondées vont alors essayer de fonder une nouvelle colonie. Et je dis bien essayer ! Car en moyenne seulement 1/1000 va réussir.

Un père et une mère pour tous ?

Chez les fourmis, les mâles n’ont pas de père ni de fils ! Et oui, c’est peut-être difficile à appréhender pour nous humains.

Dans le détail, la reine et les ouvrières sont des femelles issues de fécondation diploïde entre un spermatozoïde mâle et un ovule femelle. Jusque-là, rien ne change par rapport aux humains, les deux sets de chromosomes du père et de la mère sont réunis en une cellule œuf dite diploïde.

Mais le règne animal est rempli d’exceptions !

En voici un exemple. Chez les fourmis, les femelles sont capables de produire des œufs non fécondés, dit haploïdes (contenant un seul set de chromosomes maternel) et viables. Ces œufs non fécondés deviendront des mâles. Ainsi, la reine des fourmis a « l’avantage » de pouvoir « décider » le sexe de sa progéniture.

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©Fourmidables

Des clones chez la fourmi électrique !

La fourmi électrique Wasmannia auropunctata, dont le nom vient du fait que sa piqûre est aussi douloureuse qu’une décharge électrique, a mis en place une stratégie complètement inconnue dans le monde animal. En effet, les femelles et les mâles de cette espèce sont capables de se cloner !

Ce qui veut dire, qu’ils peuvent se reproduire asexuellement. Mais comment est-ce possible ? Car en effet, dans le cas des mâles, il faut tout de même un ovule pour que l’embryon puisse se développer.

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©Fourmidables

Chez cette espèce les reines produisent sexuellement des ouvrières stériles, tel que nous l’avons vu plus haut, mais par contre, elles vont produire des jeunes reines de façon asexuée. C’est-à-dire, les reines se clonent en produisant des œufs diploïdes contenant uniquement leurs gènes.

Vous vous doutez bien que cette petite « astuce » mise en place par les reines pour ne transmettre que leurs gènes à la descendance fertile, « n’a pas plu » aux mâles. En effet, ces derniers, ne pourraient transmettre alors leur héritage génétique qu’aux seuls individus stériles de la colonie (les ouvrières).

C’est ainsi, que les mâles ont développé une stratégie qui leur permet de pallier cette « injustice ». Le spermatozoïde qui féconde l’ovule de la mère éjecte le matériel génétique de cette dernière. La reine pond des œufs haploïdes -des mâles- qui ne contiennent par contre aucun morceau d’ADN d’elle-même.

C’est ainsi que le cas de la fourmi électrique est véritablement unique à ce jour : les mâles et les femelles se clonent !

Le sexe comme élixir de Jouvence ?

Dans le monde animal, lorsque l’accouplement est unique, le mâle a tout intérêt à « manipuler » la femelle. Il réalise cela dans le but de s’assurer une descendance et à éviter que la femelle ne garde trop de ressources pour la descendance qu’elle pourrait avoir avec d’autres mâles dans le futur.

Certaines espèces produisent alors, dans le fluide séminal (qui accompagne les spermatozoïdes), des substances toxiques qui augmentent la fécondité des femelles mais diminuent leur durée de vie. Ainsi, les mâles s’assurent une plus grande descendance même si cela conduit à une durée de vie raccourcie chez les femelles.

Chez les fourmis, c’est un peu différent car les partenaires restent fidèles à vie. La reine s’accouple avec un ou plusieurs mâles au début de sa vie, puis stocke les spermatozoïdes et les utilise tout le long de sa vie pour féconder ses œufs. Si le mâle utilisait un cocktail toxique il serait perdant lui-même.

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©Fourmidables

Une étude innovante a montré chez les fourmis, que le sexe est bon pour la santé indépendamment de la fécondation !

En effet, l’accouplement avec un mâle stérilisé ou fertile augmente considérablement la durée de vie des reines ! Dans d’autres mots, l’acte sexuel prolonge leur vie.

En revanche, les reines accouplées avec des mâles fertiles ont eu une plus grande progéniture. Ainsi, les reines fécondées par des mâles fertiles ont donc, une plus grande fertilité et une plus grande longévité que les reines vierges. Ces résultats vont ainsi à l’encontre de la théorie du vieillissement qui prédit un compromis entre les deux.

Les fourmis nous étonnent par leur coopération sexuelle qui est bénéfique pour les reines aussi bien en termes de fertilité que de longévité. A ce jour nous ne savons toujours pas quelle substance « magique » dans le fluide séminal a tous ces effets bénéfiques. Mais une chose est sûre : le sexe est bon pour lutter contre le vieillissement !

Bonne Saint-Valentin chez les fourmis !

Références bibliographiques :

Cleo Bertelsmeier (2019) Les guerres secrètes des fourmis. Sexe, meurtres et invasion territoriales. Edition Favre Pierre-Marcel. ISBN : 978-2-8289-1615-2

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